Rouge ²

Carré_rouge_udm

Novembre 91,

Jour de verglas,

Je nais, faible, bleue

Pourpre de veines palpitantes et pleines de doutes,

Je me développe alors, fleur de neige

Entre les sapins et les bouleaux teintés d’aurores boréales.

Quelle belle plaine fragile,

Traversée d’un sourire d’eau fuyant

Et d’un climat intemporel,

Le monde entier se retrouve en ces terres

Humides et sauvages.

Couchée sur le matelas de roches canadiennes,

Le dos ankylosé par les affronts des rouges et des Anglais

Le bouclier se fendant de parts et d’autres,

Ma peur émanant dans une panique

Collective, autonome et souveraine.

Se séparer de ce faux paraître, de cette idylle si bien chantée

Si bien dite, écrite, In english s’il-vous-plaît,

Un portrait de la reine au dessus du foyer

Une identité vaine que l’on s’invente dans un

Idéal cauchemardesque.

Un crucifix pendu a la porte,

Bien accroché

Qu’il nous protège, lui, grand sauveur

Et nous pêcheurs,

De ces «Frogs» venimeuses

Des libertinages condescendants,

Ils scandent à la ronde, ces âmes empoisonnés

De culture pourrîtes,

Sans histoire et à la langue de terre.

Rouge canada, rouge colère, sang rouge,

Peau rouge, rouge cardinal,

Carré rouge

Pyramide inversée,

Que quelques uns profitent et que les autres saignent

Qu’ils se vident dans les rues de leur plasma

Couleur verte et de leur sève couleur or.

Nous ne voulons pas d’eux,

Le jour où ils voudront apprendre

Ils ne s’aliéneront plus de nous,

Et qui vissera nos BM

Et qui nous servira notre Starbuck

Non,

Nous ne voulons pas d’eux.

Qu’ils pleurent, ils abreuveront nos lacs,

Qu’ils crient, nous les enterrerons,

Qu’ils partent, nous connaissons meilleur peuple.

Qu’ils crèvent, ces sales, ces jeunes au sang épais

Impurs, terroristes, ingrats,

Que des bons-rien.

Nés de nos embryons éprouvette,

De nos avortements manqués,

De nos accidents de jeunesse,

Nous aussi faisions des erreurs.

Ils sont les déchets de notre ère,

Lavés aux Iphone, hypersexués, cyberpersonalisés, brisés

Des illusionnés perdus, qui n’ont rien comprit

Libérés

Nous étions jeunes et fous et

Nous avons créé des monstres.

Vous ne serez jamais digne de notre Vaisseau d’or

Et de notre Speak White,

Vous n’êtes bon qu’au recyclage de l’intellect social,

Votre monde est anorexique,

Votre esprit est pornographique.

Consommez, allez-y!

Vous travaillez si fort,

Consommez l’éducation,

Consommez notre politique asthmatique,

Prenez de notre médiocrité et mangez-en tous,

Ceci est notre testament

Livré en moins de trente minutes,

Ou c’est gratuit.

Chantez notre hymne comme si

Vous y croyiez, chantez-la

Une main au cœur et l’autre sur les yeux,

Chantez fort

Pour ne pas entendre les cris de vos enfants,

Pour ne pas entendre les coups de feu sur l’autre rive,

Pour ne pas entendre le froissement clandestin du papier brun

Et pour ne jamais avoir à leur expliquer pourquoi.

Ô prospérité, terre du baby-boom

Ton front de libération

Tes fleurons ensanglantés

Car ton bras a si bien su porter l’épée

Et élever la croix

La planter dans ton histoire

Et effacer tes actes les plus effroi

En ta valeur, trempée de pouvoir

Et par ta foi arbitraire,

Protègera vos foyers et vos droits.

Ô Canada, We stand on guard for thee.

Brûlons-les tous

Et leurs cendres attiseront nos cœurs

de paperasse, qui se consumeront

Le jour où nous assumerons que nous avions tors,

Le jour où nous nous rappellerons qu’ils prendront notre place,

Le jour où le sang qui coulera ne sera plus celui nourri à la soupe

Et au pain sec.

Contribuables, levez-vous

Regardez autour de vous,

L’ennemi n’est pas celui que vous croyez,

Il n’est pas vos enfants, ni même vos parents

Cessez de vous divisez par l’âge,

Et regroupez-vous pour le même combat,

Celui de la liberté, de la compréhension

Et de la guérison d’un peuple vide d’espoir.