Fiction pulpeuse

Ses yeux de femme m’obsèdent

Ses cils, infinis

Tranchants le flou derrière

Ses lèvres,

Rouges, empourprées de pulpe sang

Sa lippe fendue en tranchées de guerre

Ses iris noirci, le fond du cendrier près d’elle

Le jauni de sa cigarette en levrette

Sur le bord du verre,

la robe de fumé bleue ondulante

s’éveillant dans la braise

ses dents montrant le coin de leur visage à la commissure

de sa bouche entrouverte,

le pli distinct de sa paupière sombre sur son œil obscur,

désert de sable noir,

cheveux émaillés en stases goudronneuses

sa peau en coraux de soie,

pores hémoglobines sur ses pommettes en sailli

une engeance de feu,

d’artifices draconiens sur sa poitrine de jade

son cœur en lys blanc

son corps comme des accords à la guitare sèche

se disperse dans ma tête

en lune de miel funèbre

le soleil est vermeil

l’écueil de son regard écorche ma soif,

son cœur récif,

son cœur papille

son cœur émousse

son chant de flûte aphrodisiaque

sa cyprine d’abricot

en sa terre d’encre vierge aux pôles

elle dessine dans la roche

des mailles de souvenirs couleur hématome

entre ses seins un entracte de chair visible

un levé de ciel sur la panorama incendié

son écorce d’or au fond du ruisseau

tressaille un sourire safran

épicé comme un voile indien

un saphir de mer dans la toison

un rubis en sa sève,

elle est un haïku suave,

sa tignasse en fils arachnéens,

se couche sur la soie comme une gecko

a son premier amant

se donnant toute entière

Une volupté charnelle, divinité coïtale

Je vis en elle un périple au bout du monde

Le décalage horaire dans mon ventre

Et l’Asie en mon être.

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